Laurent-Dominique Fontana

Sculpture

Né en Suisse (1938)
École d’Architecture | École des Beaux-Arts | Genève

«Chaque bloc de pierre contient une statue. C'est au sculpteur de la révéler.»

– Michel-Ange

Ce qui ne cessera de me frapper, c'est la présence du monde complexe et vivant, l'érosion permanente du dehors, la présence infinie du monde injuste et inacceptable contre lequel l'homme n'aura cessé de se cabrer, refusant ce monde, non en contradicteur et détracteur d'une cause mais en contestataire solitaire et singulier... Témoignage d'une conscience aiguë de la détresse humaine et de ce quelque chose toujours-déjà-là...

LdF, Cette histoire là, Hélène Upjohn (2007)

laurent-dominique

fontana

Sculpteur de figuration expressive

Sculpture, peinture, dessin, relief, mixed media, art dans l’espace public, gravure, installation, art intégré à l’architecture

Tout comme la poésie, la sculpture ou la peinture, la vie a ses chefs-d'oeuvre précieux.

Eclairages

En réunissant ces deux dimensions, le travail sculptural affirme que la beauté peut être un acte de résistance. Elle n’efface ni la guerre ni l’oppression, mais elle empêche leur banalisation.

Le cri de l’effroi, contenu dans la matière et la forme, devient une mémoire incarnée, tandis que L’émotion esthétique permet au spectateur de rester présent, de ne pas détourner le regard.

Ainsi, l’œuvre ne propose ni consolation ni dénonciation directe, mais un espace de confrontation sensible où la fragilité de l’homme et sa capacité à créer persistent malgré la violence du monde.

Emotion

Effroi

Matières

La sculpture est l’un des arts les plus anciens et les plus puissants dans la capacité qu’il possède à traduire la complexité de l’expérience humaine en formes tangibles.

Modeler, tailler, assembler ou fondre la matière, c’est donner corps à une idée, à une émotion, à une mémoire collective.

Dans cet art du volume, chaque geste engage à la fois la pensée et la main, le concept et la matière. La sculpture devient alors un langage silencieux, capable de dire ce que les mots peinent à exprimer : la fragilité, la force, la solitude ou la fraternité de l’homme face à lui-même et au monde.

Galerie d’images

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Le Cri de l'Effroi

Le Cri de l’effroi désigne ce moment où l’art cesse d’être contemplation pour devenir confrontation.

Le Cri de l’effroi désigne ce moment où l’art cesse d’être contemplation pour devenir confrontation. Il ne s’agit pas d’un cri spectaculaire ou narratif, mais d’une tension silencieuse inscrite dans la matière et la forme. Dans le champ de la sculpture, l’effroi s’exprime par ce qui est retenu, comprimé, figé : des corps immobilisés, des visages privés de regard, des volumes lourds qui semblent écraser ce qu’ils contiennent.

Contrairement à l’émotion esthétique, qui ouvre un espace de respiration, le Cri de l’effroi se manifeste par une sensation d’étouffement. Il renvoie aux guerres, aux oppressions et aux privations de liberté non pas par la représentation directe de la violence, mais par l’empreinte qu’elle laisse sur l’humain. La matière devient le lieu de cette empreinte : rugueuse, altérée, marquée par l’érosion ou la fracture, elle évoque des existences soumises à la contrainte, à la peur et à l’effacement.

Ce cri est souvent muet. Il se situe dans l’absence d’expression, dans la neutralisation des traits, dans la répétition des figures qui transforme l’individu en masse anonyme. La sculpture ne raconte pas un événement précis ; elle condense une mémoire collective. Elle fait surgir une violence structurelle, durable, qui ne se voit pas toujours mais qui modèle les corps et les consciences.

Le Cri de l’effroi engage également le spectateur. Face à ces formes silencieuses, celui-ci est placé dans une position inconfortable : regarder sans détourner les yeux, accepter le malaise, reconnaître la part d’inhumanité que produisent les systèmes de domination. L’œuvre devient alors un espace de responsabilité, où l’effroi n’est pas consommé comme une image, mais éprouvé comme une présence.

Ainsi, dans un projet de sculpture, le Cri de l’effroi ne s’oppose pas à la beauté ; il en est le revers nécessaire. Il rappelle que l’art ne peut ignorer la violence du monde et que la forme, même la plus sobre, peut porter un témoignage. Ce cri contenu, inscrit dans la matière, affirme que l’humanité subsiste précisément là où elle est menacée.

Effroi

Abymes

L’Emotion Esthétique

L’émotion esthétique naît de la rencontre entre une œuvre, une matière et un regard.

L’émotion esthétique naît de la rencontre entre une œuvre, une matière et un regard. Dans un projet de sculpture, elle ne se limite pas à la beauté formelle ou à l’harmonie des formes : elle se construit dans l’expérience physique et mentale du spectateur face à l’objet sculpté. La sculpture engage le corps autant que l’esprit ; elle se déploie dans l’espace, impose une présence, un poids, une échelle qui affectent directement la perception.

L’émotion esthétique peut être explicitée à travers le choix des matériaux. Une matière brute, lourde ou industrielle comme le béton, le métal ou la pierre suscite une réaction sensorielle immédiate : froid, résistance, rugosité. Ces qualités tactiles, même perçues visuellement, génèrent une émotion liée à la contrainte, à la durée, à la mémoire ou à la violence. La matière devient alors porteuse de sens avant même toute interprétation intellectuelle.

La forme joue également un rôle fondamental. Des figures incomplètes, anonymes ou figées peuvent provoquer un sentiment de malaise, de silence ou de compassion. Cette émotion naît de l’écart entre ce que l’on reconnaît comme humain et ce qui en est volontairement absent. La sculpture touche ainsi à l’universel, en évoquant des états partagés : l’effacement, l’attente, la perte ou la résistance.

L’émotion esthétique se construit aussi dans la mise en espace. La répétition des formes, leur alignement ou leur isolement produisent des rythmes visuels qui influencent la perception. Le spectateur ne regarde plus une œuvre, il la traverse, la contourne, se confronte à elle. Cette expérience spatiale renforce l’impact émotionnel et transforme l’œuvre en situation vécue.

Enfin, expliciter l’émotion esthétique revient à reconnaître que l’œuvre ne cherche pas à imposer un message unique, mais à ouvrir un champ de résonances. L’émotion devient alors un lieu de rencontre entre l’intention de l’artiste et l’histoire personnelle du spectateur. Dans le cadre d’un projet de sculpture, elle constitue un vecteur essentiel pour interroger la condition humaine, inscrire l’œuvre dans le réel et lui donner une portée sensible, durable et universelle.

Amour

Tendres femmes