La pierre naturelle, matière esthétique et élégante par excellence, offre une variété de possibilités dans la sculpture. Les différentes variétés de pierre disponibles pour la sculpture présentent des caractéristiques uniques, des couleurs et des textures variées.
La pierre est le matériau par excellence de la sculpture en taille dans l’histoire de l’art. Selon les ressources locales, la pierre peut être considérée comme un matériau rare et les techniques d’extraction en carrière sont longues et coûteuses.
Projet : Six personnages, taillés dans la pierre, Grancona, Italie
1984 | Sculptures | 150cm
Entrer dans un bois touffu, perdu, creuser le sol, faire apparaître la roche enfouie depuis des millénaires. Avoir une histoire d’amour avec un morceau de l’univers. Rester muet devant le rocher solitaire, écouter son silence, lui demander ses secrets.
Une colline dans les monts Berici. Un trou ouvert depuis quinze années, refermé dans quinze ans, après épuisement du gisement. Une carrière italienne en forme de gradins pour géants. Un centre désert, jaune, entouré de murailles immobiles. Des entailles profondes, balafres dans la pierre, cicatrices cruelles et vertigineuses. Des câbles, des grues, des filins d’acier sans fin qui tracent des lignes dans l’air. Des poulies rouillées mènent le destin de ce limon marin, solidifié depuis des millions d’années. Des ruisselets d’eau, conduits dans le caoutchouc, calment les brûlures des scies et tracent les larmes de la pierre.
Mon burin pneumatique a fait sortir six personnages, hommes et femmes, arrachés à la roche, immobilisés par des liens de pierre, prisonniers de leur matière et presque retournés à leur origine. Perdus d’abord dans l’amoncellement des blocs, ils vont se déplacer à la recherche de leur lieu et habiteront, du levant au couchant, cette carrière perdue. Une tranchée, du nord au sud, émerge du rocher pour disparaître dans le ravin. Un entassement de blocs menés à la grue entoure le cisaillement du sol et dessine une sorte de pyramide fendue.
Tumulus modelé à la pelle mécanique, griffures faites à la grue, ombres marquées à la dynamite. Les broussailles, les ronciers forment le cadre des 3000 M2 de cette aventure.
Toucher au chaos, à l’informe, à l’indéfini, fasciné par la rencontre avec le hasard: pourquoi aujourd’hui, pourquoi ici, pourquoi moi?
Immensément respectueux de ce qui est, de la nymphe opale qui tremble à la première douceur de l’air, de l’herbe folle dont la hampe acérée reprend enfin vie après les mois de vent de neige, de glace, ou de la tremblante goutte de suc qui perle au bourgeon du saule en contre-bas dans le ravin. Et puis ce sourd grondement de l’imaginaire, l’irrésistible besoin de conquérir, de modifier, de déloger, de démonter, de s’introduire dans la matière, de traverser les apparences, de chercher ce qui se cache derrière le visible, de voir au-delà, plus loin, encore plus loin toujours et toujours… et d’inventer des choses, de construire avec ce que mes yeux voient et ne voient pas, un rocher sur un autre rocher, une pierre qui dessine petit à petit un mont sur un mont qui existe déjà… Impérieux sortilège qui me domine. Les grands blocs serrés laissent le jour entre eux; quelle taille avons-nous? Suis-je fourmi ou homme ?
Qu’importe au fond. La rencontre de l’immensément grand et de l’immensément petit! Les belles entailles de la roche se dressent devant mes yeux, mon cœur est suspendu devant l’immobilité de la pierre, des siècles réunis en cette minute et pour cette minute.
L’amoncellement s’organise, des lignes se déterminent du mont vers le val. Une faille, la faille sera l’essentiel, tranchée de pierre dans la pierre. Les énormes blocs jaunes, déplacés au trax, avec peine, marquent le pourtour de l’espace. Les falaises ocres, balafrées de pluie, dressent leurs murs immuables alentour. La roche greige et chaude, émerge sous les remblais, sous la pierraille rousse et brune, tumulus énorme, à la fois monstreux et fragile; des grilles d’acier le retiennent, en surplomb dans une situation à la fois cocasse et menaçante. Tout se passe ici, dans ce lieu précis, ceinturé de broussailles hirsutes: sur le haut, le clocher de Grancona, dont la cloche, au soir, donne le timbre grêle; sur le bas, au-delà du ravin, la plaine italienne, mi-paysanne, mi-industrielle, laide.
Les grands fossiles humains sortis au marteau pneumatique de la masse, se dressent, figés, mêlant leurs formes repliées au chaos des blocs, énormes en eux-mêmes et dérisoires dans l’espace. Confondus par leur couleur et leur matière à l’entassement général. Situation éphémère et incertaine, que celle de ces six personnages, à la fois nés dans ce lieu et promis à la dispersion. Issus de la mer ancienne et des soleils de jadis, destinés aux morsures noires du Nord, au givre inconnu, à l’ouate mystérieuse et douce qui recouvre tout, établit définitivement le silence, sans bruit, sur les terres du septentrion.
Grancona. Hameau de trois feux cachés sur les flancs des montagnes boisées qui relient Vicenza à Padoue. Terres planes où le Sfumato si cher à Léonard de Vinci adoucit l’aube et noie de brume les collines au loin, au tombé du jour. Entre les racines des lauriers sauvages, du frêne agreste, en creusant la terre sablonneuse, la roche, compacte, chaude, de couleur, rappelle qu’il y a des millénaires, la mer couvrait ces contrées. Des fossiles, lumnelles, radiolaires émaillent de gris, de blanc, d’ocre la masse dure du rocher.
Là, entre les branchages touffus du maquis, un trou immense, de coupe franche, de gigantesques marches de pierre émergent du passé.
Giallo Dorato. Nom de rêve, comme est de rêve ton origine.Ta masse minérale est une longue histoire marine, traversée d’aubes et de crépuscules, de vagues lointaines qui roulèrent tant et tant de coquillages, d’oursins étranges, de crabes inconnus. Les fossiles qui te constituent laissent parfois apparaître des grains plus gros de ton sable d’or figé pour des siècles. Parfois pourtant, pour une raison dont tu gardes le secret, comme une offrande, une petite poche de sable que le travail de pétrification a oublié… Quand le burin crève la roche, un peu de ton sable humide, dans l’alvéole, parle des plages d’antan, des grèves sans hommes, hantées par de fabuleux animaux. Et l’air de notre siècle, sèche l’onde préservée. Le filet de ton sable s’écoule sans bruit, laissant une loge vide, en forme d’amande.
Texte écrit en mai 1984 à Nanto/Vicenza.
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
À travers ces sculptures en béton, l’artiste interroge la condition humaine confrontée aux mécanismes de domination, de guerre et d’oppression politique. Les figures représentées, volontairement dépourvues d’identité et d’expression, incarnent une humanité réduite au silence, figée par des systèmes qui broient l’individu et effacent les singularités.
Le béton, matériau central de ces œuvres, n’est pas un simple choix formel. Il renvoie à l’univers de l’architecture autoritaire, aux murs, aux blocs et aux structures imposées par le pouvoir. L’homme y apparaît comme pétrifié, absorbé par une matière lourde et froide, symbole d’un monde où la violence est souvent institutionnalisée et banalisée.
La répétition des formes, l’anonymat des visages et l’absence de regard expressif évoquent les foules invisibles, les peuples réduits à des masses, à des corps sans voix. Pourtant, malgré cette déshumanisation apparente, la présence même de ces figures affirme une mémoire. Elles témoignent, silencieusement, des blessures laissées par l’histoire et des traumatismes collectifs engendrés par les conflits et les régimes autoritaires.
Loin de toute narration spectaculaire, l’œuvre de l’artiste se situe dans une tension entre disparition et résistance. Ces corps immobiles, marqués par le temps et l’érosion, rappellent que l’humanité persiste, même lorsque tout semble vouloir la nier. L’exposition invite ainsi le spectateur à une réflexion profonde sur la responsabilité collective, la mémoire des peuples et la fragilité de l’homme face aux forces qui le dépassent.
Projet : Lac Léman, Bellevue, Ville de Genève. Présentée à la première exposition en plein Art Môtiers.
1988 | Pierre (roche giallo dorato, Italie) | 110×90
Dire sans parler, écrire sans lettre, chanter sans bruit
dire la beauté du monde, le ciel qui rosit au couchant la douceur voluptueuse d’un corps dans l’étreinte
La violence des hommes sur eux-mêmes et sur les autres
dire, ici, avec l’éloge de l’aveuglement, l’immolation du regard intérieur: tel est le chemin, qu’artiste, je pris.
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
À travers ces sculptures en béton, l’artiste interroge la condition humaine confrontée aux mécanismes de domination, de guerre et d’oppression politique. Les figures représentées, volontairement dépourvues d’identité et d’expression, incarnent une humanité réduite au silence, figée par des systèmes qui broient l’individu et effacent les singularités.
Le béton, matériau central de ces œuvres, n’est pas un simple choix formel. Il renvoie à l’univers de l’architecture autoritaire, aux murs, aux blocs et aux structures imposées par le pouvoir. L’homme y apparaît comme pétrifié, absorbé par une matière lourde et froide, symbole d’un monde où la violence est souvent institutionnalisée et banalisée.
La répétition des formes, l’anonymat des visages et l’absence de regard expressif évoquent les foules invisibles, les peuples réduits à des masses, à des corps sans voix. Pourtant, malgré cette déshumanisation apparente, la présence même de ces figures affirme une mémoire. Elles témoignent, silencieusement, des blessures laissées par l’histoire et des traumatismes collectifs engendrés par les conflits et les régimes autoritaires.
Loin de toute narration spectaculaire, l’œuvre de l’artiste se situe dans une tension entre disparition et résistance. Ces corps immobiles, marqués par le temps et l’érosion, rappellent que l’humanité persiste, même lorsque tout semble vouloir la nier. L’exposition invite ainsi le spectateur à une réflexion profonde sur la responsabilité collective, la mémoire des peuples et la fragilité de l’homme face aux forces qui le dépassent.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
Projet : Galerie Labo B, La Chaux-de-Fonds
2025 | Moulage Plâtre | 110×90
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.